Les pierres

La pyrite

On l'appelle l'or des fous depuis les ruées vers l'or du XIXe siècle. Trois tests, dont aucun ne demande de matériel, suffisent pourtant à ne jamais s'y tromper.

Mis à jour le 8 septembre 2026

Un cube de pyrite doré aux arêtes vives, encastré dans une marne claire.
Photo : Cubic crystal of pyrite in metamarlstone (Navajun, Spain) 1, James St. John, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

La pyrite est un disulfure de fer, FeS₂, et c'est l'un des minéraux les plus répandus de la croûte terrestre. On la trouve dans à peu près tous les milieux géologiques : filons hydrothermaux, roches sédimentaires, charbons, schistes noirs, et jusque dans les fossiles qu'elle a remplacés atome par atome.

Son nom vient du grec pyr, le feu : frappée contre un silex, elle produit des étincelles. C'est ainsi qu'on allumait le feu avant l'acier, et c'est aussi la raison pour laquelle on la trouve dans tant de sites archéologiques.

Sa carte d'identité

Propriété Valeur
Composition disulfure de fer, FeS₂
Dureté 6 à 6,5
Densité 5,0
Éclat métallique
Couleur jaune laiton, parfois terni en brun irisé
Trait noir verdâtre
Clivage très imparfait
Cassure irrégulière à conchoïdale, cassante
Système cubique

Ce qui la trahit au premier regard

Les stries sur les faces. C'est le détail le plus caractéristique et le plus négligé. Les faces d'un cube de pyrite portent de fines rayures parallèles — et sur deux faces voisines, ces stries sont perpendiculaires entre elles. Aucune imitation, aucun autre minéral jaune ne fait cela.

Les formes géométriques. La pyrite cristallise en cubes parfaits, en octaèdres, ou en pyritoèdres — un solide à douze faces pentagonales. Trouver un cube métallique à angles droits dans une roche est en soi une quasi-certitude.

La fragilité. La pyrite est cassante. Un coup l'écaille et la brise en fragments anguleux. C'est l'opposé exact de l'or.

Pyrite ou or : les trois tests

Test Pyrite Or
Dureté 6 à 6,5, raye le verre 2,5 à 3, rayé par une pièce de cuivre
Au marteau s'écaille, se brise s'aplatit, se coupe au couteau
Trait sur porcelaine noir verdâtre jaune brillant
Densité 5,0 19,3
Aspect des faces striées, géométriques lisses, arrondies, sans arêtes

Le test du trait est le plus rapide et le plus décisif : un geste sur l'envers d'un carreau de faïence, et la question est close. La différence de densité est également énorme — l'or est près de quatre fois plus lourd —, ce qui saute à la main dès que les échantillons sont de taille comparable, et c'est ce que le pannage exploite depuis toujours.

Les autres confusions

La chalcopyrite. Sulfure de cuivre et de fer, plus dorée que la pyrite, souvent recouverte d'un ternissement irisé bleu-vert. Nettement plus tendre : dureté 3,5 à 4, un couteau la raye sans peine. Elle forme rarement de beaux cubes et se présente plutôt en masses irrégulières.

La marcassite. Exactement la même formule chimique, une structure cristalline différente. Plus pâle, plus verdâtre, en aiguilles ou en rognons radiés plutôt qu'en cubes. Elle se dégrade encore plus vite que la pyrite.

Le mica jaune. Dans le sable d'une rivière, des paillettes brillantes sont presque toujours du mica : elles sont souples, elles se plient à l'ongle, elles flottent un instant. La pyrite coule immédiatement.

La maladie de la pyrite

C'est le point pratique le plus important pour qui garde des spécimens, et celui que personne ne dit avant l'achat.

En présence simultanée d'humidité et d'oxygène, la pyrite s'oxyde. Le fer et le soufre passent en sulfates, et il se libère de l'acide sulfurique. Le spécimen se couvre d'un dépôt poudreux blanchâtre ou jaunâtre, prend une odeur soufrée, gonfle, puis s'effrite. À terme il se réduit en poudre.

Le processus est irréversible : on peut le ralentir, pas le renverser.

Les pièces les plus stables sont les grands cristaux compacts et bien formés ; les plus fragiles sont les pyrites finement cristallisées, les fossiles pyritisés et les nodules de schistes noirs.

Où on la trouve

Partout. Dans les filons métallifères, dans les terrils et les haldes de mines, dans les schistes et les marnes, dans les nodules des falaises argileuses, et sous forme d'ammonites pyritisées dorées, magnifiques et particulièrement sujettes à la maladie décrite ci-dessus.

Questions fréquentes

Comment différencier la pyrite de l'or ?

Par la dureté, la cassure et le trait. La pyrite raye le verre (6 à 6,5) ; l'or se laisse rayer par une pièce de cuivre (2,5 à 3). Frappée, la pyrite s'écaille et se brise ; l'or, malléable, s'aplatit et se coupe au couteau. Enfin le trait sur porcelaine est noir verdâtre pour la pyrite, jaune brillant pour l'or.

La pyrite a-t-elle de la valeur ?

Très peu comme matière : elle est extrêmement commune. Un beau cristal cubique bien formé, notamment ceux de Navajún en Espagne, a une valeur de collection réelle, qui tient à la perfection de sa géométrie et non au métal qu'il contient.

Pourquoi ma pyrite s'effrite-t-elle ?

C'est la maladie de la pyrite. En présence d'humidité et d'oxygène, le sulfure de fer s'oxyde en sulfates et libère de l'acide sulfurique : le spécimen gonfle, se couvre d'une poudre blanchâtre ou jaune, puis se désagrège. Le processus est irréversible. Conservez la pyrite au sec, à l'écart des autres minéraux, et jamais dans une boîte fermée avec du carton ou du papier, que l'acide attaque.